Corinne ‘Coco’ aux 100 km de Belvès

Ce samedi 9 avril c’étaient les championnats de France de 100 km, c’est pas rien !
On y a vu Corinne qui a fait vibrer les compteurs : 9h34 5ème Féminine et 2ème de sa catégorie. Et en plus championne de France par équipe !
Et puis il y avait aussi notre ami Yohann (8h26 et 3ème de sa catégorie, pas mal non plus non ?)
Enfin bravo à l’équipe qui a fait le déplacement, en tète l’irremplaçable coach Véro 

 

 

 

 

 

 

Le récit de Corinne : 

La partition de musique d’un 100 bornes,

Je ne sais pas vraiment si je suis une note de musique qui sonne bien, mais j’ai essayé avec toute ma volonté et mon  énergie de jouer cette mélodie du 100kms.  Il a fallu que je commence par les gammes pendant 9 semaines avec mon chef d’orchestre Véronique Lebec, qui a su  avec patience me diriger, car parfois,  même  souvent je ne voulais pas très bien m’accorder,  ou jouer une fausse note.

Le 9 avril sur la ligne de départ,  je recherche le réconfort,  du trop plein d’émotions, j’arrive tout de même à trouver un apaisement quand un des « maîtres de l’ultra-fond » me donne les raisons de   m’apaiser.

-8 heures,  je franchis la ligne de départ et j’entends une petite voix crier,  «allez mon Coco», c’est elle: « maman  » ma fidèle supportrice, que je vais laisser pendant des heures à  m’attendre , seule ne pensant qu’à moi.

Les premiers kilomètres s’enchaînent,  je ne sais pas si je suis bien ou pas, j’ai de la musique dans les oreilles mais j’ai l’impression que je ne  l’écoute pas. Je suis juste centrée sur une question,  vais- je réussir à le boucler, et cela me pompe une énergie mentale, et physique. Mon cœur  s’emballe très souvent,  alors qu’il devrait être calme pour l’instant.  Puis au fur et à mesure des bornes que j’avale,  une trentaine, je me sens de mieux en mieux. Je peux accélérer,  en prenant plaisir,  je ne suis pas encore dans le bien être total,  mais je sais que cela va arriver. Le 40ème passe,  puis arrive le 55ème, ça y est, je commence à sentir et ressentir les fameuses endorphines mais je sais aussi qu’elles vont redescendre pour des kilomètres  d’enfer. Et là, je serais sur un terrain de jeux,  qu’on appelle souvent « les montagnes russes».

Le 60ème arrive,  assez tranquillement,  mais je perçois que j’ai le cerveau qui j’agite  un peu.  Je sais que je vais basculer dans le puits des 70kms. Je commence à maudire le moindre défaut sur la route. Puis au beau   milieu de nulle part, je vois un homme et une femme,  deux bulles d’oxygène qui viennent me soulager et qui vont m’accompagner jusqu’à la fin.  Ma libération, va être de courte durée. Ils sont là,  les 70, 75, et 80 kms. Je deviens comme qui dirait « chiante » mais très « chiante », pour moi-même, je me  combats dans ma boîte crânienne,  enfin bref je passe. Puis tranquillement les fameuses et extraordinaire endorphines reviennent,  je les savoure,  les sens et ressens,  c’est magique,  j’avance. Je me reconnecte,  mon accompagnatrice est  d’enfer,  elle anticipe tout,  elle s’appelle Hélène,  c’est un petit bijou pour moi. Pourtant je n’étais pas très cool, à peine merci, même pas un sourire que je daigne lui donner.

Enfin les 10 derniers kilomètres,  je suis de nouveau dans le mood,  « montagnes russes « . Puis je lis 96 kilomètres « déjà ». Je n’en reviens pas . j’avance encore,  « punaise « , la pancarte 99kilos, la plus terrible,  car j’ai envie de finir, et à la fois non. Je suis saisi par la montée, je m’accroche aux deux voix qui  m’accompagnent.  Une qui me détaille à  la mesure près ce qui me reste à  faire. Dans ma tête,  j’ai peur que cette personne se trompe ou minimise les choses, pour me faire avancer  et je m’aperçois qu’il est, la précision même,  cela me donne encore de la force et l’autre voix que j’entends et celle du départ de ce matin. L’homme du réconfort,  je l’écoute  jusqu’au bout,  je ne peux pas lâcher  et surtout continuer à  courir jusqu’à la fin des 100 ème kilos.  la ligne et le chrono sont là, 9h34, c’est la fin. J’entends maman en sanglot et mon chef d’orchestre soulagé. Juste pour finir mon petit récit d’un cent bornes, j’ai un grand merci à  dire à  Véronique Le Bec , pour m’avoir  supportée  , accompagnée et soutenue pendant 9 semaines  , d’une main de maître et de bienveillance.  Merci aussi à Hélène,  Patou,  Sébastien,  Yoann,  Jacky, et Bruno qui on fait partie de l’équipe.

Corinne

 

 

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2 réponses à Corinne ‘Coco’ aux 100 km de Belvès

  1. Cochet dit :

    Un témoignage fort et qui vient du plus profond de toi. Juste bravo !

  2. Martine L. dit :

    Beaucoup d’émotions à te lire… tu t’es accrochée, bravo !!

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